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Interview du Président

Jean-Marie Spaeth est président du GIP SPSI

Comment est née l'idée de créer le GIP SPSI ?

Il faut être clair. La France a pris conscience tardivement que son savoir-faire en matière d’organisation de système de soin et de système de protection sociale était exportable. Exportable parce qu’apprécié dans les pays étrangers en raison de sa valeur marchande mais aussi des valeurs culturelles et sociétales qui le sous-tendent.

C’est en constatant que les organismes de santé-protection sociale étaient peu présents en réponse aux appels d’offres lancés par la communauté européenne et la Banque mondiale, financement à l’appui, que le déclic s’est opéré. C’est ainsi que s’est créée l’ADECRI (Agence pour le développement et la coordination des relations internationales) en 1995 qui regroupe les organismes obligatoires de sécurité sociale. Le secteur privé s’est également organisé pendant cette période. Le rapport EVIN de 2002 a permis une analyse plus globale de la situation et préconise, compte tenu de la multiplicité des acteurs opérateurs participant à la couverture sociale et à la dispense de soins, de créer un Groupement d’intérêt public.

Mais comment assurer cette cohérence entre les différents intervenants et la lisibilité de l'offre française ?

Le Groupement d’intérêt public a une mission de veille stratégique, c’est-à-dire mieux appréhender et anticiper l’évolution de la stratégie des acteurs mondiaux, qu’il s’agisse des grands bailleurs de fonds ou des demandes de pays ou groupe de pays. Il a une mission de repérage des compétences françaises et de coordination des différents acteurs ou opérateurs de notre pays.

Il joue un rôle d’interface entre les priorités et choix stratégiques de l’Etat français et les multiples intervenants potentiel, bref d’être une plaque tournante, un facilitateur et un mobilisateur.
La toile de fond c’est : plus de cohérence, plus de continuité, donc en fait plus de professionnalisme dans un domaine porteur économiquement, porteur de sens car réducteur d’inégalité et enfin porteur de plus de solidarité entre pays riches, pays émergents et pays pauvres.

Quelles sont, d'après vous, les perspectives géographiques et sectorielles de la coopération en matière de santé et de protection sociale ?

En terme géographique, l’action de coopération française en matière de santé et de protection sociale, est un arc qui part de l’Oural et qui épouse le pourtour de la mer Méditerranée.

L’Amérique du Sud, notamment les pays Andins sont également demandeurs.Bien évidemment, nul ne peut rester indifférent aux évolutions de l’Inde et de la Chine, où l’ADECRI vient d’ailleurs de remporter un important contrat d’assistance.

Compte tenu des enjeux mondiaux, en matière de santé-protection sociale, il est nécessaire de développer un cadre européen, tâche à laquelle nous allons apporter notre contribution.

En terme de thématique de coopération, il est clair que la question de l’accès aux soins, les questions de démographie et de protection de la santé vont constituer des sujets majeurs dans les prochaines années.
Dans les pays émergents, il y a aujourd’hui une aspiration à développer des systèmes de protection sociale qui vont au-delà de la santé, notamment en matière de retraite.

Il existe dans ces pays une demande forte pour que la croissance économique bénéficie aussi à la population par la construction de systèmes de garantie sociale.


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