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Interview de la déléguée

Agnès Plassart est déléguée du GIP SPSI

Quel a été le parcours du GIP SPSI avant son entrée en service effective en 2006 ?

Il y a d'abord eu un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales consacré aux fonctions internationales du ministère. Puis est venu le rapport Evin, qui préconisait la mise en place d'une structure ad hoc pour développer la coopération en matière de santé et de protection sociale.

Depuis 2000, Le Président Spaeth a été mandaté par les ministres successifs pour réfléchir a la mise en place d'une telle instance. Cette volonté politique a débouché sur la loi du 4 mars 2002, article 90, qui a posé le principe de la création du GIP. Il a encore fallu concrétiser le projet, avant que la convention constitutive du GIP SPSI soit approuvée par un arrêté ministériel du 12 mai 2005.

Plusieurs éléments expliquent cette prise de conscience. Les préoccupations sanitaires et sociales sont devenues un enjeu majeur des questions de développement, notamment du fait de la lutte contre les pandémies et les maladies. Ainsi quatre des huit objectifs du Millénaire pour le développement concernent la santé.

Par ailleurs, il est désormais acquis au sein des grandes institutions internationales, bailleurs de fonds, que le développement social et l’équité sont indispensables a la croissance économique. Du côté français, on avait une offre très riche, car chaque institution mène déja des actions de coopération. Mais cette dispersion nuisait parfois a la lisibilité, notamment sur les appels d'offres et les jumelages. Devant ce risque d'un effet ciseau entre la demande internationale et l'offre française est née l'idée du GIP SPSI : une petite structure, conçue comme une tête de réseau, avec un effet de levier et des échanges d'informations verticaux et transversaux.

Quel est le programme de travail du GIP ?

Les axes de travail du GIP sont définis d’abord en fonction des priorités arrêtées par le gouvernement. Lors de sa dernière réunion, le CICID – le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement -, présidé par le ministère le Premier Ministre a ainsi donné la priorité a l'Afrique et a la Méditerranée. Pour sa part, le ministre de la Santé et des Solidarités a également la volonté de développer les relations avec les nouveaux Etats membres de l'Union européenne et avec les pays candidats. Enfin, il y également les demandes particulières de coopération émanant de pays étrangers, comme c'est le cas –par exemple – en Amérique du Sud.

Pour sa première année de fonctionnement, le GIP a donc décidé de n'exclure a priori aucune zone géographique. Nous avons ainsi un programme de travail avec le Maghreb – plus précisément le Maroc et l'Algérie – sur l'assurance maladie, le recouvrement, la formation. Enfin des missions exploratoires ont été engagées avec la Pologne, l’ Ukraine, la Croatie mais aussi avec le Pérou. En même temps que ces premières missions, le GIP travaille beaucoup sur la méthode.

Par exemple : qu'est-ce qu'une mission exploratoire ? Comment évaluer les besoins d'un pays en matière de santé ou de protection sociale ?
La bonne gestion de l'interface entre le GIP et ses membres et partenaires est également un enjeu essentiel, car il faut que ces derniers puissent ensuite prendre le relais dans la mise en œuvre des actions de coopération.

Comment voyez-vous le positionnement du GIP ?

En matière de coopération, il est important de savoir anticiper les attentes et les demandes.
Le GIP va donc mettre en place une veille stratégique, en particulier sur l'évolution des doctrines et des besoins.
Je pense, par exemple, a une étude de la Commission européenne sur le choc démographique dans les anciens pays de l'Est, qui pose de façon cruciale la question du rôle de la protection sociale en matière de natalité et de retraite. Il faut ensuite – et c'est la le rôle essentiel d'interface que doit jouer le GIP – répercuter ces informations sur nos membres et nos partenaires.

Le GIP doit également assurer une veille sur les appels d'offres et les financements internationaux des différents bailleurs de fonds.
En vitesse de croisière, le GIP doit être en mesure de répondre le plus vite possible a une demande de coopération. Mais nous attendons aussi beaucoup de nos membres et de nos partenaires : le GIP sera d'abord la somme de la volonté de tous et de chacun…


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