Interview de Maryse Médina
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Maryse Médina est directrice de la mission des relations européennes, internationales et de la coopération à la CNAMTS |
Quelles sont les spécificités de la CNAMTS au regard de la coopération ?
Avec 85% de la population affiliée et une couverture très large – maladie, maternité, accidents du travail, maladies professionnelles – le rôle de la CNAMTS est primordial dans le domaine de l’assurance maladie.
Ceci a évidemment son importance en matière de coopération, car les pays ou organismes étrangers demandent le plus souvent un appui sur des champs très diversifiés entrant dans nos champs de compétence : gestion des prestations, négociations avec les professionnels de santé, mais également relations avec les établissements de soins, avec les assurés sociaux…
Une autre spécificité de la CNAMTS réside dans son approche à la fois technique et médicalisée.
Côté technique assurantielle : le développement des systèmes d'information, la gestion du remboursement, la carte à puce...
Côté médicalisé : l'instauration du parcours de soins, la prévention, la qualité des soins, les référentiels, la formation continue des professionnels de santé...
Or ces deux volets sont précisément des deux thèmes dominants dans la coopération internationale de la branche maladie.
En quoi consistent les actions de coopération de la CNAMTS ?
Quelques exemples permettent de mieux comprendre la façon dont nous intervenons. Le Maroc par exemple, a exprimé des besoins au cours de rencontres en France, en particulier avec le Président et le Directeur Général de la CNAMTS, qui ont été suivies par une mission exploratoire que nous avons menée avec le GIP.
Celle-ci a débouché sur la signature d'un accord de coopération par les ministres français et marocains, et sur la désignation d'un chef de projet.
La CNAMTS participe à plusieurs actions consécutives à cet accord, comme l'appui à la mise sur pied d'un contrôle médical.
Un médecin-conseil régional français a mené une mission sur place. Nous assurons également des formations locales, avant d'accueillir des stagiaires dans nos différents échelons du contrôle médical.
Toujours avec ce pays, une délégation marocaine est venu étudier la façon dont nous gérons nos relations avec les professionnels de santé, et en particulier le système des conventions.
Une démarche similaire est en cours avec l'Algérie, où la CNAMTS a également conduit une mission exploratoire.
Celle-ci pourrait se traduire, à son tour, par un protocole, décliné ensuite en modules d'échanges et de formation sur différents sujets : médicament, nomenclature, cartes à puce, conventionnement...
Les demandes qui nous sont adressées portent en effet souvent sur des outils : organiser une caisse, développer le contrôle, mettre en place un système d'information...
On a ainsi des demandes très concrètes, plutôt que des questions portant sur les grands enjeux de la protection sociale, comme le débat impôts/cotisations. Ce sont la des choix stratégiques qui relèvent de la souveraineté des Etats.
Qu'attendez-vous du GIP SPSI ?
Une capacité à anticiper les évolutions et à explorer les besoins avec les acteurs français concernés.
Comme je viens de vous le dire, nous travaillons déja avec le GIP.
Pour illustrer l'articulation et la complémentarité entre les différents acteurs, je vais prendre l'exemple de la Mauritanie.
Ce pays est en train de créer une Caisse Nationale d’Assurance Maladie. A ce titre, il nous a demandé des conseils et souhaite un partage d’expérience entre nos institutions.
Les Mauritaniens ont plusieurs projets en cours avec en priorité la mise en place d’un système informatique qui fera l’objet d’un appel d’offre international, susceptible d’intéresser nos opérateurs français, en raison de l’importance du projet qui nécessite un accompagnement sur le long terme.
Par ailleurs, la Mauritanie exprime le besoin d’une approche plus large et plus complète des différentes facettes de son système d’Assurance Maladie. C’est typiquement une approche qui pourrait relever d’une mission exploratoire dans le cadre du GIP.
Cette capacité d'anticipation et d'exploration des besoins que permet le GIP est essentielle, dans un contexte où l'on sent monter une demande croissante dans le domaine de la protection santé et de l'assurance maladie.









