Interview de Valérie Meftah
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Valérie Meftah est directrice des relations européennes, internationales et de la coopération à la CCMSA |
Quelles sont les spécificités du régime agricole en matière de coopération ?
La Mutualité Sociale Agricole (MSA), tout en partageant des valeurs communes avec les autres régimes de protection sociale français, s’en distingue néanmoins par sa double nature d’organisme de protection sociale, en charge à la fois des salariés et des exploitants agricoles, et d’organisation professionnelle agricole reposant sur système électif décentralisé. Légitimée par des élections dès le niveau local, la démarche mutualiste donne de ce fait à la MSA une grande proximité avec les assurés et le terrain.
En matière de coopération internationale, fidèle à ses principes, la MSA peut apporter son appui aux autorités nationales dans la définition d’un régime de protection sociale adapté au monde rural ou être appelée à répondre à une demande d’assistance technique locale en matière sanitaire et sociale, en lien avec les professions agricoles.
En termes de savoir-faire, la MSA présente également une double originalité. D’une part, et à la différence des autres régimes, de par son guichet unique, elle garantit une prise en charge globale (recouvrement des cotisations, gestion de l'ensemble des prestations maladie, vieillesse et famille). En outre, avec un important volet d'action sociale, de développement social local et d’offre de services, elle va même au-delà de la seule protection sociale au sens strict. D'autre part, elle développe une approche très pragmatique avec des actions de coopération influencées par la tradition de la coopération agricole
Pouvez-vous citer quelques exemples de coopérations menées par la MSA ?
Depuis très longtemps, les caisses de MSAmènent des actions dans le domaine international. Notre Institution a donc une expérience ancienne et solide en matière de coopération. Elle s'est d’ailleurs dotée à cet effet d'un pôle d’activités dédié à l'action internationale dès le début des années 90. On peut citer quelques projets actuellement en cours de réalisation.
En Afrique Sub saharienne, la MSA aide le Sénégal à mettre en place le volet "protection sociale" de la loi d'orientation agro-sylvo-pastorale, dans le cadre d'un projet initié par les deux ministères sénégalais et français de l'Agriculture. Elle y travaille, comme le BIT, en appui au Conseil national de concertation des ruraux, que le gouvernement sénégalais a désigné pour mettre en œuvre cette protection sociale agricole. Au Burkina Faso, la MSA apporte son expertise aux producteurs de coton (UNPCB) dans le montage de leur mutuelle avec un opérateur local, le Réseau d’appui aux mutuelles de santé (RAMS).
Au Maghreb, la CCMSA est présente auMaroc à travers deux projets. D'une part, elle apporte son expérience à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour développer l'affiliation des salariés agricoles. D'autre part, elle soutient un projet de développement local dans la région orientale, où de jeunes agricultrices françaises, élues MSA, aident des femmes marocaines à lancer des activités associatives. En Tunisie, en lien avec le Ministère de la santé et l’ADECRI, la MSA va piloter pendant 18 mois un jumelage institutionnel visant l’extension de la protection sociale aux populations non couvertes. La CNSS tunisienne est partenaire du projet.
Enfin, un dernier exemple en Europe. La coopération internationale peut prendre également d’autres formes, notamment dans l’Union européenne où la MSA a été le moteur, après des relations bilatérales, dans la création d’un réseau qui réunit les caisses agricoles de sept Etats membres (Allemagne, Autriche, Finlande, France, Grèce, Luxembourg et Pologne) avec, parmi ses objectifs, le partage des bonnes pratiques.
Qu'attendez-vous de la mise en place du GIP SPSI ?
A la Mutualité Sociale Agricole, nous avons de tout temps privilégié les lieux de facilitation, d’optimisation et de synergies. Avec le GIP SPSI, nous sommes dans une logique de partenariat. Celui-ci doit coordonner et structurer l'offre française de coopération dans le domaine de la protection sociale, sans obérer pour autant les capacités d'initiative, importantes et anciennes dans le monde agricole. Nous attendons plus particulièrement du GIP SPSI qu’il apporte aux organismes de protection sociale une valeur ajoutée dans une démarche d’anticipation, en les associant aux missions exploratoires menées à l’étranger pour identifier les besoins. Le GIP SPSI est également très bien placé pour valoriser et promouvoir l’offre française au travers de sa diversité et de ses savoir-faire multiples.









