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Interview de Claude Bigot

Claude Bigot est directeur de l'EN3S (école nationale de sécurité sociale)

Quels sont les principaux savoir-faire de l'EN3S en matière de coopération ?

Comme pour toute école, notre principal savoir-faire est bien entendu la formation. L'EN3S met notamment en œuvre un enseignement adapté aux étrangers francophones, sous la forme d'un cycle annuel de six mois, alternant trois mois d'études et trois mois de stage dans des organismes français de protection sociale. Ce cycle a déjà accueilli environ 200 personnes, originaires d'Afrique, du Maghreb, du Liban, d'Amérique du Sud, des pays d'Europe centrale et orientale, de Russie, de Chine... Nos élèves étrangers ont un positionnement identique à celui de leurs camarades français, c'est-à-dire qu'ils ont vocation à devenir directeurs d'organismes de protection sociale. Ce savoir-faire de l'EN3S est aujourd'hui largement reconnu par nos partenaires. La Chine nous envoie ainsi régulièrement des stagiaires depuis une dizaine d'années.

En plus de cet accueil de stagiaires étrangers, l'Ecole entretient, depuis 25 ans, un partenariat avec le Centre ivoirien de formation des cadres de sécurité sociale, une école ouverte à tous les pays africains francophones. Les élèves de ce centre passent ainsi les cinq derniers mois de leur cursus en France.

Nous menons aussi une politique de contractualisation avec plusieurs pays, afin d'y développer l'enseignement de la protection sociale et les échanges entre systèmes. Cela se traduit notamment par des échanges d'étudiants et d'enseignants et par l'accueil de stagiaires. Nous avons ainsi des accords avec l'Algérie, la Colombie, la Lituanie, le Maroc, le Québec...

L'Ecole accueille également de façon régulière des délégations étrangères, qui s'intéressent à notre savoir faire, et participe à des audits de formation pour des institutions ou des gouvernements étrangers.

Pouvez-vous citer quelques exemples de ces coopérations ?

Avec la Pologne, par exemple, nous venons de monter un centre de formation aux métiers de la protection sociale. En Algérie, nous avons un partenariat avec un institut algérien sur la formation de médecins-conseils de la sécurité sociale, ainsi que de directeurs et de cadres financiers.

Aujourd'hui, l'EN3S est en pourparlers avec la Conférence interafricaine de prévoyance sociale, en vue de monter une structure de formation à l'échelle des quinze pays d'Afrique francophone, en s'appuyant sur les structures existantes.

Nous travaillons également avec la Chine depuis une dizaine d'années et cette collaboration a débouché, durant l'été 2006, sur la création d'une école de formation des cadres de sécurité sociale pour tout le pays.

Nous entretenons également des liens très étroits avec nos homologues des pays développés d'Europe. Le cursus de nos élèves prévoit ainsi un cycle international de quatre semaines et la venue à Saint-Etienne – sous la forme de rencontres internationales – des organismes qui ont accueilli nos élèves en stage.

Enfin, nous travaillons actuellement à un grand projet consistant à doubler notre cycle de six mois pour les élèves étrangers francophones par des cycles équivalents destinés aux élèves hispanophones et, à moyen terme, aux élèves anglophones.

Qu'attendez-vous de la mise en place du GIP SPSI ?

A mes yeux, la principale mission et le principal apport du GIP est de faire en sorte que les différents acteurs français de la coopération en matière de santé et de protection sociale ne répondent pas en ordre dispersé. Aujourd'hui, nombre de partenaires étrangers ne savent pas très bien à qui s'adresser, ce qui est à l'origine de pertes de temps et nuit à l'image globale de l'offre française. Le GIP SPSI me semble donc avoir avant tout un rôle de coordination et de clarification du rôle de chacun. Le GIP peut également jouer un rôle important dans la mise en commun des informations.


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