Interview de Jean-François Arditi
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Jean-François Arditi est directeur des affaires internationales de l'ENSP |
En matière de coopération, quels sont les points forts de l'ENSP ?
Tout d'abord, les actions de l'Ecole en la matière procèdent à 90% d'une ingénierie de la formation.
L'idée directrice est d'aider les autorités locales à mettre en place des process, en s'appuyant et en essayant de capitaliser sur des ressources locales.
Tous nos programmes comprennent ainsi de la formation de formateurs.
Depuis environ une dizaine d'années, on considère en effet qu'il est plus pertinent d'aller sur place que d'accueillir des élèves étrangers, même si cet aspect-là de la coopération demeure.
Cette nouvelle approche correspond d'ailleurs à la mise en place de la direction des affaires internationales, qui compte aujourd'hui treize personnes et mobilise de nombreux enseignants de l'Ecole et intervenants extérieurs.
Second point fort, qui découle du précédent : le compagnonnage.
Si dix experts français doivent travailler sur un projet, il y aura aussi dix experts locaux, et cela sur toute la durée de l'opération.
En termes de champs d'intervention, l'ENSP possède une expertise affirmée dans trois grands domaines : l'élaboration et la mise en œuvre des politiques sociales et sanitaires, le management des institutions intervenant en ce domaine et la santé environnementale.
Pouvez-vous citer des exemples de cette approche de l'ENSP ?
J'en citerai deux, qui me semblent bien illustrer notre savoir-faire et notre conception de la coopération.
Le Chili, tout d'abord. À la demande du ministère chilien de la santé, nous venons d'achever la mise en place d'un dispositif de formation des gestionnaires hospitaliers.
Celui-ci s'appuie sur les universités, avec un système d'accréditation.
Le gouvernement chilien va désormais exiger que les futurs directeurs d'hôpitaux suivent ce nouveau cursus.
Cette formation va être très prochainement étendu à l'Argentine, à l'Uruguay et au Paraguay.
Et, dans l'esprit du compagnonnage, cette extension sera pilotée à la fois par le Chili et par la France.
Autre exemple :
la Lituanie. Nous y avons créé, sur des financements européens, un master en gestion du changement dans les établissements de santé.
L'Ecole a également formé les formateurs et ce master, qui répond pleinement aux normes européennes, est aujourd'hui totalement autonome.
Qu'attendez-vous de la mise en place du GIP SPSI ?
Avant tout, une mutualisation des informations et ressources.
Il me semble aussi que le GIP peut être un creuset pour monter des projets entre membres et partenaires de cette nouvelle structure. Il a aussi vocation à porter à l'étranger l'image de l'expertise française en matière de coopération en santé et en protection sociale.
Il me paraît évident que le GIP a un rôle important à jouer, dans un contexte où l'on voit se dégager deux grandes tendances.
D'une part, une volonté de privilégier les approches régionales, en agissant sur une sous-région plutôt que sur un seul pays.
D'autre part, un développement du compagnonnage, qui consiste à capitaliser sur les savoir-faire locaux plutôt que de s'y substituer.









