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Interview de Kulmie Samatar

Kulmie Samantar est responsable du département international de la Mutualité Française

Quels sont les points forts de la Mutualité Française en matière de coopération ?

Nous avons tout d'abord une expérience ancienne en la matière, puisqu'elle remonte ? plus de dix ans.
Celle-ci porte principalement sur les politiques nationales de santé et sur l'accès aux soins, autour de deux axes forts. Le premier concerne l'appui institutionnel dans le domaine normatif : cadre juridique permettant aux mutuelles d'exercer leurs missions, encadrement réglementaire de l'activité mutualiste… Les mutuelles sont en effet des organismes de droit privé, qui obéissent ? des règles spécifiques.
Le second axe concerne les partenariats entre structures analogues, autrement dit les fédérations de mutuelle.
Nous pouvons notamment apporter un appui technique aux différents métiers de la mutualité, mais aussi monter des formations sur le rôle des administrateurs en matière de politique de santé et de relations avec les professions de santé.

Pour assurer ses interventions, la Mutualité Française travaille avec des partenaires comme le ministère des Affaires étrangères ou le Bureau international du travail. Sur le plan géographique, nos principales interventions concernent l'Afrique de l'Ouest.
La typologie de nos actions de coopération en matière d'assurance maladie volontaire varie toutefois sensiblement selon la zone concernée. Avec les pays du pourtour méditerranéen, il s'agit plutôt d'un appui ? la consolidation des systèmes, afin de les faire entrer dans le cadre de la protection sociale obligatoire.
Avec les pays de l'OCDE, les relations partenariales se font davantage dans le cadre des organismes internationaux. Cette forme de coopération prend d'ailleurs une importance croissante, par exemple avec la Grèce, la Belgique ou le Québec.

Pouvez-vous donner quelques exemples d'actions menées par la mutualité ?

Je prendra d'abord deux exemple de pays dans lesquels les gouvernements ont inscrit la mutualité dans leur projet de politique sociale : le Mali et le Sénégal. Dans les deux cas, l'objectif est d'élargir la base des cotisants. Cela passe notamment par une harmonisation de la législation des mutuelles de santé au sein des huit pays regroupés dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Autre exemple : le Maroc, auquel nous apportons un appui dans la délégation de la gestion du régime obligatoire ? la Mutuelle de la fonction publique. Cette coopération se traduit notamment par la mise en place de formations et par l'envoi d'experts sur place. Le Maroc est d'ailleurs l'un des premiers dossiers du GIP SPSI, dans le cadre d'un accord d'État ? État.
Je citerai aussi l'Uruguay, pays dans lequel la Mutualité Française appuie – sur ses ressources propres – la mutualité locale, qui a la particularité d'être ? la fois un acteur de l'accès aux soins et un important gestionnaire de cliniques. Nous apportons en particulier une aide ? l'élaboration d'un logiciel de gestion de ces établissements.
Enfin, dans un pays développé comme la Grèce, nous organisons régulièrement des séminaires d'échanges sur la prise en charge des personnes âgées. Nous accueillons également des spécialistes grecs dans nos établissements et dans nos services d'hospitalisation ? domicile. Ce thème du vieillissement est de plus en plus présent dans les coopérations avec des pays développés. Nous avons par exemple, sur ce sujet, des contacts avec le Japon.

Qu'attendez-vous de la mise en place du GIP SPSI ?

A nos yeux, le GIP a une triple vocation. Il doit être d'abord une plate-forme d'échanges et d'information sur les enjeux – de plus en plus importants – de la couverture santé et de la protection sociale.
Le GIP doit être ensuite un facilitateur, dans une chaîne courte de montage de projets.
Enfin, le GIP doit développer ce que j'appellerai volontiers une capacité de projection de l'offre française.
En d'autres termes, il doit faire en sorte que, dans les grands débats internationaux sur les questions sociales, la France ne soit pas sur la défensive, mais mette au contraire en avant ses compétences et ses savoir faire, en soulignant notamment l'un des grands points forts de notre système de protection sociale : la complémentarité entre le secteur public et le secteur privé.


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