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Interview de Claude Evin

Claude Evin est président de la Fédération hospitalière de France

Quels sont les points forts, les savoir-faire et les principales zones d’intervention de la FHF et des hôpitaux en matière de coopération internationale ?

A l’image de l’hôpital, la coopération hospitalière a une longue histoire et comporte de nombreuses facettes. Trop souvent assimilée aux actions d’urgence, elle recouvre en réalité de nombreuses missions d’assistance technique qui s’inscrivent dans la durée.

La notion de « partenariat hospitalier » est également une spécificité de la coopération hospitalière. Elle a permis de l’inscrire dans un cadre plus global et évité ainsi le morcellement d’une coopération limitée aux différents services hospitaliers.

En reconnaissant aux établissements publics de santé la capacité de signer des conventions internationales, la loi hospitalière de 1991 a légitimé cette action tout en renforçant son efficacité.

Dans cet esprit, la FHF a mis sur pied un pôle International il y a six ans avec pour rôle d’informer les établissements hospitaliers engagés dans des actions internationales, de les aider au montage de projets et de promouvoir leurs résultats. Elle s’est également engagée dans l’aide à la création de fédérations hospitalières dans d’autres pays.

Les actions des hôpitaux et de la FHF concernent principalement les pays francophones et de la francophonie au sens large. Mais outre l’ancrage européen, des partenariats se sont également noués dans les pays hispanophones ou lusophones à partir des compétences linguistiques des professionnels hospitaliers. Ils commencent également à s’établir dans des pays anglophones tels que l’Afrique du sud. Des zones géographiques sont également privilégiées du fait de leurs liens avec les Unions hospitalières de la Caraïbe, de l’Océan indien et très récemment du Pacifique.

D’importantes actions de coopération sont également mises en oeuvre avec des pays d’Asie non francophones tels que la Chine.

Le savoir-faire mobilisé par les hôpitaux français s’adapte aux niveaux de développement des partenaires.

Il s’agit parfois de s’engager dans l’organisation même du système de santé (avec par exemple l’assistance à des réformes hospitalières), de développer des outils de gestion hospitalière, ou encore de valoriser les savoir faire médicaux et paramédicaux.

Pouvez vous citer des exemples significatifs d’actions de coopération menées ou pilotées par la FHF ?

L’action qui mobilise le plus les établissements publics de santé depuis quelques années est leur engagement au sein du GIP ESTHER. Pour renforcer les capacités des pays en développement à traiter les personnes atteintes du VIH, le GIP Esther appuie des partenariats qui permettent d'articuler la prise en charge autour de l'hôpital et des réseaux sociaux dans une perspective de durée.

L’action des hôpitaux publics français permet notamment d’améliorer les conditions de prise en charge en assurant le renforcement des plateaux techniques et la fourniture d'équipements hospitaliers.

Cet appui s'accompagne de formations en commun des acteurs médicaux, paramédicaux et des partenaires associatifs pour qu'ils tissent de véritables liens de collaboration et de solidarité autour du patient.

Pour la FHF les deux actions majeures sont l’implication au sein de la Fédération Internationale des Hôpitaux qui s’est concrétisée notamment par le Congrès de la FIH à Nice en septembre 2005 et son action de sensibilisation et de mobilisation auprès de la coopération décentralisée, concrétisée par un vade-mecum de la coopération internationale.

Qu’attendez-vous de la création du GIP SPSI ?

La FHF attend du GIP qu’il apporte un soutien à l’action internationale des hôpitaux publics. Les incertitudes nées de la réforme de la tarification et les textes récents concernant l’activité internationale des hôpitaux publics nécessitent de réaffirmer l’importance du rôle de ceux-ci en matière internationale. Le GIP SPSI, dont le rôle est d’être l’interface entre les acteurs publics, devrait permettre d’engager la réflexion sur ce point.

La FHF attend également du GIP une meilleure connaissances des activités et des priorités françaises.

Il s’agit notamment de faciliter l’accès aux informations concernant les délégations étrangères venant en France, de clarifier les orientations des différents acteurs publics mais également d’exploiter le dernier questionnaire auquel ont répondu les établissements hospitaliers.

Un des objectifs du GIP est de mieux connaître l’environnement multilatéral.

L’analyse de cet environnement nécessite une veille ciblée, utilisant notamment les veilles déjà effectuées. Il s’agirait principalement par cette action d’identifier les priorités des principaux organismes multilatéraux et de les retraduire pour les membres du GIP.

Enfin, la création du GIP permet d’organiser la relation avec les organismes publics et privés répondant aux appels d’offre multilatéraux pour faciliter l’introduction d’une expertise française dans leurs réponses.


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