Interview de Yannick d'Haene
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Yannick d'Haene est délégué général de l'ADECRI |
Quels sont les faits saillants dans l'activité de l'ADECRI ?
J'en citerai deux. Tout d'abord, le développement des projets de jumelages institutionnels. Il s'agit en l'occurrence d'apporter une expertise aux nouveaux États membres de l'Union européenne.
La Commission a étendu cette approche aux pays balkaniques (programme CARDS) et méditerranéens (programme MEDA).
Elle se traduit par l'envoi d'experts dans les pays jumelés, afin d'y conduire des missions dans le champ de la protection sociale. L'ADECRI a commencé en 2000 avec la Bulgarie sur un projet de renforcement de la capacité administrative de la caisse nationale d'assurance maladie.
Quatre autres jumelages se sont succédés en Roumanie : un premier, réalisé entre 2001 et 2002, portait sur les prestations familiales, suivi de deux autres, réalisés entre 2003 et 2005, sur la sécurité sociale des travailleurs migrants et sur la protection de l'enfance; enfin, un projet est actuellement mis en œuvre dans ce pays pour la création d'une inspection sociale et doit se terminer au cours de l'année 2007.
Un projet de jumelage a été réalisé avec des partenaires allemands en République Tchèque sur l'insertion professionnelle des demandeurs d'emploi à la fin 2005 / début 2006, et un nouveau projet est en cours de préparation avec la Pologne (transparence des décisions en matière de remboursement des médicaments).
Je citerai également le développement de nos activités en Afrique, que nous avons engagé dès 2001.
Depuis cette date, nous avons mené des projets au Cameroun pour la Banque Mondiale, au Mali – sur la création d'une assurance maladie obligatoire -, ou encore en Côte d'Ivoire, sur l’élaboration d’un schéma directeur du système d'information. Nous gérons également un projet au Maroc, concernant la mise en place du RAMED, Régime d'assistance médicale aux économiquement démunis.
Voyez-vous se dégager de grandes tendances en matière de coopération sur la protection sociale ?
On voit effectivement se dégager un certain nombre de grandes tendances.
L'une d'entre elles – très liée aux stratégies mises en place par les grandes organisations internationales - consiste en des interventions dans un champ plus large que la seule sécurité sociale.
Dans les années 90, les interventions étaient très axées sur les systèmes de retraite, avec la thématique du déclin démographique. Aujourd'hui, on voit monter en charge de nouvelles problématiques plus transversales autour de thèmes comme la santé ou la lutte contre les exclusions.
Ces thèmes correspondent d'ailleurs aux objectifs du millénaire pour le développement définis par l'ONU.
On peut donner quelques illustrations de ces approches plus globales.
Nous travaillons, par exemple, sur l'insertion professionnelle des personnes handicapées en Russie, sujet qui mêle à la fois la dimension emploi et la dimension protection sociale.
Autre exemple récent : la refonte de la politique de la protection de l'enfance en Roumanie.
Qu'attendez-vous de la mise en place du GIP SPSI ?
Le GIP a vocation à constituer une "tête de réseau" de l'action française en matière de coopération dans le domaine de la santé et de la protection sociale. Il doit notamment permettre à tous les acteurs de disposer, le plus en amont possible, d'une information sur les projets internationaux et sur les grandes tendances.
Pour notre part, et tout en conservant les missions propres de l'ADECRI, nous avons entrepris d’associer très étroitement le GIP à notre veille stratégique, afin d'identifier les projets financés par les bailleurs internationaux. Nous sommes également très intéressés de voir le GIP SPSI développer une activité de fund raising afin de trouver les financements permettant la concrétisation de projets identifiés.









