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Christian Rollet est inspecteur général des affaires sociales, chef de projet |
La mission que j'ai menée pour le GIP est intervenue dans un contexte plutôt favorable, puisqu'elle se situe dans le cadre d'un arrangement administratif entre la France et le Maroc adopté en septembre 2005.
Mais elle a aussi révélé un potentiel très important de bonne volonté des deux côtés et un désir très fort de coopérer.
Il est vrai qu'il s'agit pour le Maroc d'un dossier majeur : la mise en place d'une assurance maladie obligatoire, couvrant progressivement l'ensemble de la population.
Pour ce qui me concerne, j'ai d'abord mené une première mission exploratoire sur place.
À partir de là, je me suis efforcé d'élaborer un programme d'action, qui réponde à la fois aux ambitions et aux possibilités des deux parties.
Ce programme a été accepté par le Maroc en janvier 2006.
Dans la gestion quotidienne du projet, j'ai essentiellement un rôle de proposition d'intervenants et de coordination des experts amenés à travailler sur le projet.
La structure de gestion est pour l'instant assez légère, avec une petite enveloppe financière et des prises en charge des déplacements par le poste diplomatique français au Maroc ou par le gouvernement marocain, selon la nature et le sens du déplacement.
Vous avez raison de souligner que le Maroc a très clairement choisi le modèle français d'assurance maladie.
Certes, les liens entre ce pays et la France sont à la fois très profonds et très anciens, mais ce choix est aussi la reconnaissance de la valeur de ce modèle français en matière de couverture santé obligatoire.
Pour l'anecdote, c'est même la partie française qui a dû insister sur certaines difficultés ou insuffisances de notre système, pour éviter à nos partenaires marocains de reproduire les mêmes erreurs !
Cet intérêt pour l'assurance maladie française confirme que notre système de protection sociale intéresse les pays en développement. D'une certaine façon, cela confirme aussi tout l'intérêt d'une structure comme le GIP, afin d'aider à concrétiser cet intérêt à l'égard de notre expertise et de notre savoir faire en la matière.
Le dossier me paraît aujourd'hui bien engagé, grâce notamment au fort investissement de la partie marocaine.
La mise en place d'un système d'assurance maladie généralisé représente en effet pour ce pays un enjeu politique et social très important.
Côté gestion du projet, ce dynamisme n'est pas non plus sans conséquence.
La montée en charge très rapide du dossier va très certainement rendre nécessaire, pour le GIP, la recherche de relais pour en assurer la coordination en phase de croisière.
Il me semble aussi qu'un projet réussi comme celui du Maroc va aider le GIP à affiner sa méthodologie, même s'il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions définitives.