Afin de nourrir la discussion du groupe de travail du conseil d’orientation du GIP SPSI sur le développement social, une
note fait un point sur la mesure du bien-être et ses enjeux.
La comptabilité nationale ne parvient pas à fournir une bonne mesure du bien-être ; la variable la plus couramment utilisée,
le PIB par tête, ne prend en compte que les biens et services marchands et méconnaît toute la dimension sociale du
développement. Celle-ci est particulièrement mise en avant par Amartya SEN, économiste faisant également oeuvre de philosophe, qui définit le bien-être comme l’ensemble des actions dont une société offre la possibilité aux individus (théorie dite des « capabilités ») : l’accent est mis sur la santé, l’éducation, mais également l’environnement, les équipements urbains etc. En ce qui concerne l’aide au développement, il ne s’agit plus de « plaquer » une conception du bien-être axée sur la mise à disposition de biens matériels sans s’intéresser à leur impact effectif sur la vie quotidienne des gens, mais
bien de construire avec ces derniers à la fois les indicateurs de leur bien-être et les instruments de son
amélioration. Les travaux réalisés notamment par le PNUD et l’OCDE montrent que, s’il y a une forte corrélation entre développement économique et développement social, ces deux notions ne se recouvrent pas, certains pays ayant de meilleures performances en matière de développement social que ce que leur développement économique laisserait espérer et inversement. Cela signifie donc que les politiques sociales sont nécessaires pour maximiser le bien-être des
individus.
